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Décembre 14, 2018

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Hypocrisie européenne : avidité pour les avantages séducteurs des exportations d'armes à la coalition arabe

2018/11/18, 07:32


Hypocrisie européenne : avidité pour les avantages séducteurs des exportations d'armes à la coalition arabe

Truth ONG- Les exportations d'armes et de munitions vers l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis par la Finlande, la Suède, l'Allemagne et l'Espagne vont se poursuivre, mais les déclarations politiques sur les interdictions de vendre des armes sont toujours importantes.

Truth ONG- Les exportations d'armes et de munitions vers l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis par la Finlande, la Suède, l'Allemagne et l'Espagne vont se poursuivre, mais les déclarations politiques sur les interdictions de vendre des armes sont toujours importantes.

Le malaise des Européens face à la poursuite des ventes d'armes aux parties belligérantes au Yémen, en particulier à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, a conduit récemment certains pays à déclarer qu'ils mettraient un terme à de nouvelles ventes d'armes. Les préoccupations concernant les pertes civiles au Yémen signifiaient, disaient-ils, qu'ils bloqueraient d'autres livraisons, alors qu'en fait un grand nombre continuent à fournir armes et appui. Le non-respect apparent des engagements pris soulève des questions plus générales concernant les difficultés de mise en œuvre de ces engagements, a souligné Lucie Béraud-Sudreau dans un article publié en 25 octobre sur IISS.

Tout d'abord, ces annonces visaient-elles uniquement à apaiser les préoccupations nationales dans les pays fournisseurs ? Ou suggèrent-ils aussi que l'État exportateur doit peser des questions plus complexes sur la question de savoir s'il faut vendre du matériel militaire à des pays qui ne sont pas des démocraties pluralistes ou qui sont engagés dans un conflit, ainsi que sur les relations politiques et économiques entre les États exportateurs et bénéficiaires ? Dans le cas des ventes à certains pays du Moyen-Orient, cette tension devient de plus en plus évidente à mesure qu'ils s'engagent dans une action militaire indépendante.

Ce qui est clair, c'est que toute restriction des ventes induite par l'inquiétude suscitée par la situation au Yémen n'est pas nécessairement appliquée rétrospectivement aux contrats existants. En effet, les preuves indiquent que les livraisons d'armes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen peuvent se poursuivre si elles ont été convenues dans le cadre d'un contrat précédent signé avant que les engagements ne soient pris.

La Finlande aurait approuvé l'exportation de pièces de rechange pour véhicules blindés vers les Émirats arabes unis en janvier et juillet 2018, alors que tous les candidats à l'élection présidentielle finlandaise de janvier 2018 s'étaient engagés à cesser de vendre des armes à ce pays. La justification était que la fourniture de pièces de rechange ne constituait pas un nouveau contrat.

La Suède a adopté de nouvelles lignes directrices sur le contrôle des exportations d'armements à la mi-avril 2018, déclarant qu'"à l'avenir, le statut démocratique de l'État destinataire sera une condition centrale lors de l'examen des demandes de licence". Toutefois, les travaux supplémentaires à l'appui des contrats signés avant l'adoption des nouvelles lignes directrices continueront d'être traités conformément à l'ancien règlement. Saab a donc donné suite aux commandes d'assistance pour le système aéroporté d'alerte avancée et de contrôle GlobalEye que les EAU se procurent. Alors que les EAU ont passé leur première commande pour le GlobalEye en novembre 2015, un contrat pour des " fonctionnalités supplémentaires " a été signé en juin 2018.

En Espagne, la majorité socialiste arrivée au pouvoir en juin 2018 a également été confrontée à des contrats signés précédemment. Le 3 septembre, le ministère de la Défense a mis fin à la vente de 400 bombes à guidage de précision à l'Arabie saoudite, qui faisait suite à un contrat signé en 2015 par le gouvernement précédent. Cependant, dix jours plus tard, le gouvernement espagnol a fait demi-tour et a finalement approuvé la vente. Ce changement d'avis était dû notamment aux menaces saoudiennes d'annuler une autre vente d'armes, celle de cinq frégates construites par Navantia. Une lettre d'intention a été signée en avril 2018 pour la conception et la construction de cinq frégates basées sur le Combattant Avante 2200, et l'opération est estimée à 1,8 milliard d'euros (2,12 milliards de dollars). Il devrait créer des emplois directs et indirects pendant cinq ans pour 6 000 travailleurs espagnols.

Les projets d'armement communs, impliquant plus d'un pays, risquent de poser de plus en plus de problèmes à l'Europe, où il existe déjà des différences dans la politique d'exportation entre les États. L'accord de coalition allemand de mars 2018 indiquait que " désormais, nous n'autoriserons plus les exportations vers les pays tant qu'ils seront directement impliqués dans la guerre au Yémen ". Pourtant, l'Allemagne est l'un des quatre pays partenaires du programme Eurofighter Typhoon, avec l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni. L'exportation de plates-formes d'armes communes à des clients controversés peut, par conséquent, générer des tensions entre les pays partenaires.

En outre, selon Der Spiegel, depuis l'adoption de l'accord de coalition, le gouvernement allemand a accordé des licences pour l'exportation de systèmes de positionnement d'artillerie vers l'Arabie saoudite et de ogives et missiles aux EAU, selon les déclarations suivantes.

Si ces exemples tendent à montrer que les déclarations relatives à la limitation des ventes d'armes aux pays en guerre au Yémen servent avant tout un public national, ces messages politiques répondent néanmoins à des objectifs multiples. Elles continuent d'envoyer un signal politique aux États bénéficiaires, auquel ces derniers peuvent réagir vigoureusement, comme lorsque le Canada a exprimé son inquiétude pour les militantes des droits des femmes en Arabie saoudite. De plus, les promesses signifient que ceux qui les font peuvent être tenus responsables : la société civile, les organisations non gouvernementales et les partis politiques peuvent alors demander aux gouvernements d'expliquer pourquoi, selon eux, les promesses ne sont pas tenues ou oubliées. Cela met au moins la question à l'ordre du jour national, mais ce n'est pas toujours le cas dans tous les pays européens, tels que la France et le Royaume-Uni.

Dans l'ensemble, limiter unilatéralement les ventes d'armes est un engagement difficile à tenir. Pour que de telles restrictions soient appliquées et maintenues, la décision d'un embargo sur les armes imposé par l'Union européenne obligerait tous les États membres à adopter le même comportement et faciliterait les décisions de non-exportation. Une application plus harmonisée de la position commune existante de l'UE sur les exportations d'armements permettrait également d'atteindre cet objectif. La question de savoir si tous les États membres de l'UE accepteraient de telles mesures contraignantes reste ouverte au débat.

L’auteur : Lucie Béraud-Sudreau

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